Je suis commerçant, j’ai un métier physique, je suis debout toute la  journée, je marche, je porte du poids… Il y a deux ans de cela, quand  j’étais dans une branche plus numérique et sédentaire, je ne portais  quasiment que des boots… Aujourd’hui c’est impossible : pour le bien de  mon dos, de mes jambes, je suis passé aux sneakers (le « nouveau » mot  pour dire basket).

Cela dit, j’y suis allé à reculons, tant ce marché symbolise à peu  près tout ce que je déteste dans l’industrie mondialisée et agressive :  les délocalisations, les conditions de travail des ouvriers, le travail  des enfants, l’empreinte carbone, les animaux, et puis également le fait  que ces chaussures sont souvent d’avantage courtisées pour leur valeur  symbolique que leur valeur réelle…

Mais j’ai dû me positionner… et si ce n’est évidemment pas facile,  c’est en tout cas très révélateur de bien des choses pour celles et ceux  qui comme moi essaient de mettre du sens dans leur mode de  consommation.


Sneakers et matérialisme

Si j’en adore le confort dans mon usage quotidien, il y a quelque  chose que je n’ai jamais compris dans la culture des sneakers. Elle même  provenant du hip hop, une culture que j’aime encore croire  révolutionnaire et anti-conformiste (coucou l’utopie !), la culture des  sneakers est le symbole de l’incompréhension de masse pour le concept de  matérialisme.

On résume aujourd’hui le matérialisme en disant qu’on accorde trop  d’importance aux choses et aux objets (ici, les chaussures), mais en  réalité ce n’est absolument pas le cas, puisque ça sous-entendrait que  nous leur accordons un sens matériel alors que les sneakers ont bien  (trop) souvent uniquement un sens symbolique (de richesse,  d’appartenance, de mode… Il y a des gens qui spéculent sur des paires de  chaussures !). Mais, le matérialisme n’est il pas plutôt de prêter à un  objet un sens strictement usuel, utilitaire, et donc, la palisse…,  matériel) ?

Alors évidemment, le marketing n’aide pas… Il est difficile d’ingérer  autant de campagnes publicitaires multi-formats sans en venir à la  quasi-idolatrie de l’objet. J’y suis moi même un peu sensible… Sinon, je  n’achèterais pas de jolies sneakers, mais plutôt des sabots Croc’s !
Mais avec un peu de distance, j’arrive à me rappeler mes engagements  naturels : comment éviter de succomber de trop à l’appel du symbole, et  de refuser de voir la réalité derrière l’objet (condition de travail,  matières animales, etc).

Sneakers, éthique, et tarifs

Mon engagement en mouvement, sur l’éthique, se place de deux cotés  quand il s’agit des sneakers : d’une part les conditions de travail des  ouvriers (et notamment le travail des enfants), et d’autre part la cause  des animaux, qui sont dans les premiers rangs des victimes de ces  industries…

J’en suis donc à jongler entre des paires estampillées « vegan » ou  « PETA approved », et des paires ou marques qui fabriquent dans des pays  (de préférences peu éloignés) où le code du travail est décent (la  liste s’amenuise de jour en jour…). Pas évident DU TOUT !
Et trouver les deux, sans égratigner non plus les notions de confort et  d’esthétique (on est en 2017, tout cela DEVRAIT être possible !) ???  IMPOSSIBLE.

Et d’ailleurs, j’en discutais l’autre jour avec un ami, grand amateur  de sneakers lui même : il est très compliqué d’imaginer une marque  française produisant en France des sneakers de toute beauté sans faire  de mal à une seule espèce animale !

Il faudrait pour que cela soit possible, un ajustement drastique de  la fiscalité des entreprises françaises ou une contrainte d’impôts pour  toutes celles (étrangères) qui commercialisent sur le sol français, une  relance de l’industrie textile (des ateliers, des fournisseurs, des  producteurs…), une taxation des produits importés (pour éviter les  différences de prix en magasin), et autres bricolettes qui ne  déboucheraient en plus que sur un hypothétique succès face aux marques  déjà très implantées dans l’inconscient collectif !


Appel à toutes les unités

A ce titre, et en attendant que la petite utopie développée juste au  dessus prenne forme (LOL), je lance un appel (bouteille à la mer) :

  • vous êtes sneakers head
  • vous avez un peu de temps
  • vous êtes sensible à la cause animale et à un droit du travail digne de ce nom

Postez en commentaires vos liens vers des nouveautés, des actualités,  des paires, des bons plans, qui correspondent aux critères discutés  dans cet article ! Un référencement s’impose, et il est difficile pour  les marques et les distributeurs de le faire… Donc n’hésitons pas à le  faire nous mêmes !

A vot’ bon cœur !