J’ai commencé à en parler dans cet article,  la diversité est la clef de voûte de ma réflexion… Et alors là, avec ce  deuxième article, ça devient pointu… Parce que j’attaque  en proposant  (je n’ai pas trouvé d’autres références…) un terme dès le titre. (On a  qu’une vie hein !)

Si la biodiversité est la variable sine qua non de la vie sur  cette planète, et qu’en cela elle symbolise toute la réflexion qu’on pourrait avoir sur la diversité au sens large, il existe aussi d’autres types de diversités, dont l’appréhension et la compréhension sont, à mon humble avis, des clefs dès lors qu’on essaie de construire un demain  plus épanouissant.

Ce que j’appelle sapio-diversité en fait partie. Elle me paraît du  reste abordée partout et tout le temps en ce moment, jamais nommément,  par les étiquettes des profils psychologiques plus ou moins nouvellement  identifiés (dont parle pas mal cet article de M. Swar via Medium), et à un concept plus complexe qu’est la neuro-diversité (cf Wikipédia).


La sapio-diversité : qu’est-ce que c’est ?

Étymologiquement, le sapio latin renvoie généralement au concept de sagesse ou de savoir. Par extension dans la formation de ce terme sapio-diversité,  je le définis comme la sagesse et le savoir appris, compris, et mis en  œuvre. C’est à dire la façon dont le cerveau de chacun a ingéré, digéré,  transformé et/ou utilisé l’ensemble des « informations » qui lui ont  été transmises, par exemple de la naissance à un jour J.

Le concept de sapio-diversité fait donc écho au fonctionnement du  cerveau de chacun et de tous, dans toute la complexité que ça comprend :  nature de l’apprentissage, contextes, vecteurs, temporalités, sources,  codes, pour ce qui est de l’étape d’ingestion ; liberté, connexions,  synthèses, et autres pour l’étape digestion ; réceptacles, vecteurs,  épanouissement, transformations éventuelles, adaptations, transmissions,  pour l’étape d’utilisation.

Et en effet, ne serait-ce qu’à l’échelle d’une salle de classe  d’école, pour un cours d’une semaine avec contrôle au bout du compte, la  variabilité des résultats en fonction des élèves rend compte d’un arbre  de sapio-diversité immense. Imaginons ce que cela donne sur des  échelles plus grandes encore !

Il ne s’agit donc pas de la construction biologique du cerveau (qui  n’est ici qu’un facteur parmi d’autres), mais de celle, moins  « anatomique », de l’esprit savant. Celle qui est recherchée par les  employeurs, par exemple, par le biais de nos CV (qui témoignent de  l’académisme de notre apprentissage et de notre expérience de terrain,  entendons par là les phases d’ingestion et d’utilisation), mais aussi  celle qu’on peut-être content de trouver chez quelqu’un dans sa vie  sociale (« il/elle pense comme moi »…).


De quoi dépend la sapio-diversité ?

Elle se construit avec la multitude de  profils uniques que nous représentons. Et ces profils naissent et  grandissent avec plusieurs facteurs :

  • la construction biologique du cerveau,  notre patrimoine génétique, ainsi que tout ce qui va venir jouer sur  l’anatomie de notre  » hardware » et sur son fonctionnement. (Là, on est  dans la neuro-diversité)
  • l’instruction, à savoir la somme des connaissances que nous allons stocker d’une facon ou d’une autre, quelque soit la mémoire invoquée.
  • l’éducation,  les fondements moraux, sociaux, familiaux, qui vont conduire nos  comportements, participer à notre caractère, façonner nos élans, nos  goûts, …
  • des facteurs sociologiques et géographiques,  qui ont à voir par exemple avec les interactions sociales qui nous  façonnent, les technologies a notre portée et dont nous nous emparons ou  non, le milieu dans lequel nous évoluons.
  • le temps,  variable immuable, qui fait mûrir, décanter, selon qu’il s’étire pour  les idées de longues haleines ou se compresse avec les fulgurances.

Ces facteurs s’amalgament, avec une influence certaine les uns sur  les autres, avec au bout du compte nos capacités, nos compétences, notre  savoir, notre savoir-faire, et notre caractère. Les variables sont très  grandes, très fines, ce qui m’oblige à sortir un joli poncif : nous  sommes parfois semblables et différents en même temps, toujours uniques,  mais nous ne devrions jamais nous sentir isolés (ça c’est la société  dans laquelle nous vivons et qui détestent la diversité, qui s’occupe  faire fleurir l’isolement).

Uniques et semblables, étiquettes ou non ?

Comme je le mentionnais plus haut, l’article de M. Swar critique avec  justesse toutes les étiquettes qu’on voit passer en ce moment dans nos  feeds… Le couche-tard est un génie, le touche-à-tout est un  multi-potentialiste, celui là même serait une sorte de chéneau manquant  avec l’autisme, etc etc. Il y a du bon à toutes ces étiquettes, elles  montrent un intérêt croissant pour la sapio-diversité, en tentant d’y  mettre du clair et de s’y retrouver. Mais il y a aussi du moins bon :  les raccourcis sont nombreux, les images d’Épinal aussi, le clickbait  n’est jamais loin, …

Pour ma part, je ne les questionne que comme des objets linguistiques  ne pouvant résumer, même avec les meilleures intentions du monde, toute  la richesse dont il est question. Je ne les utilise non pas pour  expliquer mais pour me faire comprendre, pour jeter un schéma sur lequel  il est en suite possible d’approfondir ce dont on parle, comme j’essaie  de le faire avec cet article.

Je m’en suis également servi pour assimiler le fait qu’il n’y finalement rien d’anormal à être ce qu’on est (j’en parle dans cet article).  Que c’est une question de « fit » (pour employer de l’anglais, une fois  n’est pas coutume) avec le milieu dans lequel chacun évolue. Et in fine, d’avoir la chance de se trouver au bon moment au bon endroit pour développer notre épanouissement.

Je suis sans doute un multi-potentialiste, mais comme je le dis en  description, je commence à peine à l’assumer, à saisir ce que mon  « sapio » m’offre de contraintes et d’atouts, de possibilités, dans un  mouvement continu. C’est d’ailleurs devenu super exaltant !

Si vous avez connaissance de ce concept de sapio-diversité, même  nommé autrement, n’hésitez pas ! Je ne suis pas le premier à en parler  si longuement j’imagine, mais les rares références que j’ai trouvées sur  internet ne se sont pas montrées très bavardes…