« De la diversité », « Manifeste de la diversité », « Diversité  j’écris ton nom », « Éloge de la diversité »…

Tous les titres foireux me  sont passés par la tête pour cette série d’articles… Mais comme  j’essaie surtout sur ce blog de rendre en mots la réalité la plus  franche et naturelle de ce que je pense, j’ai finalement choisi l’image  de la clef de voûte pour parler de la diversité.
Parce que c’est effectivement elle qui explique toute l’articulation de  mes engagements (ne serait-ce qu’affectifs, quand ils ne sont pas  -encore ?- convertis ou convertibles en action). J’ai mis du temps à le  comprendre, il m’a fallut une série de déclics survenus ces derniers  mois… Avant cela, c’était un peu plus froid, on me disait d’ailleurs  souvent que mes « analyses » manquaient de poésie, de fantasmes…

Eh bien elle est là, toute la poésie. Et bizarrement, cette diversité  n’est pas celle qu’on pourrait imaginer… Je vais donc essayer de  décrire les enjeux qui me tiennent à cœur et qui y sont liés, dans le  sens des causes ou dans celui des conséquences. Et dans ce premier  article, je vais commencer par la diversité des écosystèmes, biologique,  végétale, animalière, de la planète. La biodiversité.


Un documentaire déclic : Racing Extinction

J’en parle à loisir à celles et ceux qui cherchent quelque chose de  bien à regarder, et même aux autres. Tant ce docu m’a frappé par sa  forme, son ton, sa justesse, et son absence de compromission ou de  paradoxe (ce que je pourrais reprocher à celui de Di Caprio – Before The Flood – où il m’a donné l’impression d’aller faire la morale au monde  entier…). Il m’a aussi frappé par son constat sans appel, et la  sensation d’urgence qu’il a provoqué dans ma tête. je n’aurais sans  doute pas ouvert ce blog si je ne l’avais pas vu, puisque ce blog me  sert de journal dans mes démarches personnelles (Google, locavore, etc).

Ce documentaire a accéléré très fortement mes réflexions sur la  politique, les échelles d’actions, les comportements sociaux vis à vis  de l’alimentation, de l’éducation, de la transmission, et bien d’autres  trucs. Et il m’a fournit la réalité d’une notion qui aujourd’hui est ma  clef de voûte : la diversité.

Dans ce documentaire, il est statué que d’ici un tout petit nombre de  décennies, la planète ne pourra plus supporter la vie, tant la  biodiversité globale se sera éteinte… Et demandant donc de comprendre  implicitement que non seulement nous DEVONS arrêter de pousser les espèces à leur extinction, mais nous DEVONS ÉGALEMENT   « réactiver » la biodiversité et en encourager le fonctionnement. Et  par DEVOIR, il est entendu non pas une morale, mais une nécessité de  survie en tant qu’espèce : nous pourrons avoir accumulé autant de  richesses que nous le voulons, notre aventure s’arrêtera là, avec tout  le reste, comme tout le reste.


« Solutions locales pour désordre global »

C’est le nom d’un autre documentaire, qui avait donné du grain à  moudre à ma vision « locale » de la capacité de chacun d’agir réellement  (à l’opposé donc du concept de citoyen du monde où on  s’imagine, entre autre, appartenir à tout, partout, et qui se traduit  souvent par très peu de concret si ce n’est un très gros  « ethnocentrisme » et la justification de l’ingérence… mais c’est un  autre débat…).

Dans celui-ci, il s’agit de comprendre d’avantage non pas comment  nous devons construire de nouvelles solutions, mais plutôt comment nous  devons assumer qu’elles ont toujours été là, et que c’est un certain  type d’organisation sociale (en l’occurrence la société de consommation)  qui les a remplacées pour d’autres méthodes, à se taper la tête dans  les murs tant elles ne portent que le morbide.

Il ne s’agit pas pour moi de les définir dans cet article, ni de  définir la biodiversité… Ces deux docus là le montrent suffisamment bien  : défendre le fait que sans cette diversité là, nous courrons à notre  perte, par une mécanique naturelle contre laquelle même le capitalisme,  pourtant chef d’œuvre d’adaptation et d’opportunisme, ne pourra pas  trouver de solutions. Et que parier sur le long terme (par la confiance  par exemple que je pourrais avoir en un candidat ou un autre à changer  les choses, alors que tout le système avec lequel il va devoir dealer,  si par un bienheureux hasard il n’en est pas lui même un produit, va se  dresser face à lui – et ce n’est pas peu dire !) pour résoudre ces  problématiques est une erreur terrible de conséquences…


Leçons tirées ?

Ce que j’ai appris de ces documentaires et des idées qui ont trotté  dans ma tête ensuite, jusqu’à cet article et les suivants, c’est  qu’individuellement nous ne sommes pas faits (en l’occurrence  écologiquement et biologiquement) pour vivre égoïstement, et nous ne  sommes pas non plus faits pour épouser l’ensemble de la planète avec  notre seul nombril, pour la guérir de toutes ses plaies. Nous avons deux  pieds et deux bras, et l’échelle que ces 4 outils forment est locale  certes, mais puissante.
Alors pour ma part, j’essaie pour le moment de devenir locavore, et de réduire mon empreinte de consommation…

A l’échelle de l’espèce, nous ne pouvons pas survivre sans vivre avec le reste. Sans partager l’espace et le temps avec le reste, sans partager les ressources, les projections, avec le reste. Et surtout, nous ne pouvons pas DU TOUT concevoir nos modèles  pour notre génération, pour « soi » : c’est même contre-nature en  réalité.

Si le combat parait colossal, ou déjà perdu (effectivement les  voyants clairement sont à l’écarlate), il y a pourtant des initiatives  prises, d’ailleurs principalement dans des zones extrêmement sinistrées  et laissées abandonnées par la société de consommation (notamment  Detroit, et ses nouveaux potagers urbains…), qui montrent une voie.

Comme d’habitude, le salut viendra de ceux qui n’ont plus aucun  confort, et qui sont contraints pragmatiquement de renouveler les choses  radicalement, en se réappropriant ce qui a été confisqué il y a  longtemps.

A suivre : sapio-diversité (part 2), demo et socio-diversité (part 3), …