Suite à mon article sur la sapio-diversité, je sentais le besoin monter de mieux définir mon propre profil, au delà de la courte description sur ce site…

D’ailleurs elle dit quoi ? Elle résume sommairement mon parcours  universitaire (inachevé du reste, soyons clair) et dans les grandes  lignes mon parcours pro… Elle trace aussi rapidement mon « profil » de  multi-potentialiste, dont je parle également ici, mais dont l’étiquette  n’est pas forcément pile poil…

Bref, ça fait looooongtemps que je me dis que j’ai tout du hacker  sauf le codage… Et puis en me rapprochant un peu de gens qui eux savent  coder, j’ai commencé à me rendre compte que la condition élémentaire du  hacker n’était pas le code…


Je ne porte pas de sweat à capuche

Le cliché en vigueur c’est le sweat capuche, une certaine paranoïa  sur les bords, une passion pour les expressions techniques et pour  l’ordinateur. Au delà de çà, on a aussi les caricatures : le vilain  méchant pirate qui est toujours russe ou chinois, le geek que personne  comprend mais qu’on aime bien quand même, etc. Clichés et stéréotypes  sortis d’articles, de bouquins, de séries, ou de films…

En vrai, j’ai demandé à quelques concernés, et voici leur réponse quasi-unanime, et bien résumée dans cet article parut dans Les Échos et écrit par Eric Filiol :

« Le terme de hacker désigne toute personne capable d’analyser en profondeur un système – que ce système soit technique comme un ordinateur ou un téléphone,  mais également humain, social, législatif – de sorte à en comprendre les  mécanismes les plus intimes, en privilégiant le résultat sur la méthode  (contrairement souvent à l’approche académique). »« Le monde hacker est capable de remettre en question – chose constatée dans les dernières conférences de hacking entre autres choses – la plupart des mécanismes (…) actuels, en particulier ceux fondés sur une vision purement académique. »

On est loin de quelque chose de foncièrement précis, on est loin  d’une déconnexion complète d’avec le réel, on est également loin de  quelque chose de purement informatique quand bien même l’expression la  plus connue des hackers soit le logiciel. Hacker est un fonctionnement  global.
(Si vous voulez en savoir plus sur Eric Filiol => PAR ICI )


Un trait naturel avant tout ?

Le hacker se définirait donc par sa propension à détourner  naturellement une réflexion, un objet, un outil, de son usage premier ou  de sa conclusion habituelle. Mais qu’est-ce qui l’amène à naturellement  produire cette réaction / action ? Sans aucun doute l’influence de tous  les facteurs de la sapio-diversité dont j’ai parlé ici.

Ce trait naturel n’est ni anodin, ni unique. Et si on le retrouve en  commun chez les hackers donc, on le retrouve aussi dans des pans entiers  de cultures, ou de contre-cultures.

Je prendrais l’exemple qui me vient le plus naturellement, le hip  hop, et notamment les producteurs de musique. Ceux là même qui  lorsqu’ils étaient DJ ont détournés l’usage de lecture de vinyle en  inventant le scratch. Ceux qui ont détourné les samplers et drum  machines pour composer des morceaux entiers, riches, arrangés,  séquencés. Des détourneurs. Des débrouillards.

Je me souviens aussi des danseurs, qui eux détournent les lieux  publics (à Toulouse, c’était un hall au sol marbré dans les couloirs du  métro à la gare) pour en faire des salles d’études, d’entraînement, de  transmission.

Je ne fais pas ce rapprochement tout seul. C’est un camarade, Daily Laurel,  qui me l’a soufflé. Sa fascination pour les beatmakers et pour le hack  suffit à convaincre de la similitude d’attitude et de positionnement  entre les deux.


Hacker n’importe quoi et tout apprendre

A ce titre, il est un bon exemple de hacker qui n’est pas centré sur  le code ou le programme ou le piratage ou je ne sais quoi  d’informatique. Lui son truc, c’est le bio-hacking.

Parce que finalement, on peut hacker n’importe quoi, parce qu’on peut  trouver une utilisation différente de l’initiale a chaque objet ou  outil. Daily Laurel lui fait dans le biohacking avec son BioHackingSafari. Il fouine et trouve de par le monde des gens qui détournent l’usage commun de la biologie et du monde biologique.

Un exemple concret de méthodes et d’actions via lesquelles la  compréhension et l’innovation sont possibles par la pratique. Il y a  donc une dimension d’autodidaxie prégnante dans ces types de hacks. Dans  le hack tout court.


Quant à moi…

Mes différentes carrières ont toujours été menées en autodidacte.  J’ai appris sur le tas, compris assez vite, synthétisé, et essayé de  transmettre… Avec plus ou moins de réussite.

J’ai surtout appris quasiment tout sans tuto, et a posteriori en  discutant avec des spécialistes (ce que je ne suis pas du tout), je me  rendais compte que j’utilisais des logiciels ou des outils de manière  complètement inhabituelle et pas vraiment comme les concepteurs avaient  prévu.

De la même façon, ma manière de disséquer un sujet, d’actualité ou de  société, est souvent décalée. C’est d’ailleurs parce qu’on me l’a  encore fait remarqué hier que j’ai eu l’idée de faire cet article. J’ai  plutôt tendance à tourner la problématique en question dans tous les  sens pour avoir une vision moins linéaire, plus décentrée, et que je  trouve plus réelle.

Donc même si je n’utilise jamais ce mot pour me décrire, je ne pense  pas être si éloigné que ça d’un hacker. Je ne sais pas coder, mais  naturellement je me décale, je détourne l’usage commun et premier des  outils, je crée les miens, sur-mesure, en comprenant profondément leur  impact…

Je ne fais pas « exprès », mais ça me va bien. Parfois un peu de mal à me faire comprendre mais ça c’est un autre sujet.