Futur de l’Anthropocène

La capacité de l’homme à se faire, en tant qu’espèce et ensemble de sociétés, une force capable de modifier la composition de la surface de la planète ou les écosystèmes est à mon avis un fait indéniable. Comme la longueur de cette phrase. Il est également évident à mes yeux que le rôle humain dans la mutation de la planète (réchauffement climatique) est immense, et que ces symptômes révèlent le besoin d’un changement de cap post-collapse/déclin/effondrement.

Quelles sont les questions que cela soulève ? Quels sont les futurs envisageables en fonction des solutions théoriques possibles ? Je ne suis pas aussi bon que mon camarade Ploum pour créer de l’anticipation futurologique. Je vais donc me contenter de regarder ce qui sort de la collision entre échelle locale et futur de l’anthropocène.

L’Ère du global et de la destruction :

Depuis la sortie de la seconde guerre mondiale, l’industrialisation datant alors d’un demi siècle déjà, s’est mue en globalisation. Les marchés se sont agrandi, en taille (mondialisation) et en pouvoir (centralisation). Les ressources de là bas servent ici, mais plus là bas. Les modèles s’uniformisent. Et les échelles plus petites, notamment les nations, se spécialisent, devenant à moyen terme infirmes, dépendantes, obsolètes, et incapables de se renouveler assez vite.

Pendant ce temps là, la richesse est créée. Redistribuée, c’est un tout autre débat. Elle est en tout cas le centre de tout. Même la monnaie voit son rôle modifié. Elle qui devait être un garant n’est plus qu’un placebo à la dette. les structures bougent mais la lisibilité devient de plus en plus opaque pour le commun des mortels, pour nous.

L’écologie quant à elle, c’est à dire notre faculté de vivre sur cette planète en pérennisant les richesses qu’elle nous offre, atteint le niveau 0 : celui du marketing. Elle n’est plus rien d’autre qu’un argument, dans des grandes campagnes de green washing. Le capitalisme, et le libéralisme sont censé résoudre les problèmes écologiques par le marché, par la demande. L’innovation repousse les échéances mais ne résout rien. Simplement parce que la conquête de parts de marché est son seul horizon.

L’homme global a tout bouffé. Il devait être porteur de paix. On se retrouve avec des guerres floues partout, une planète dans le chaos. Les flux migratoires s’intensifient, les espèces disparaissent, les écosystèmes crèvent. Global central merci, mais tu as fait ton temps. Ton influence sur l’anthropocène est une catastrophe. Tu es le point central de l’origine du déclin et du collapse que nous vivons actuellement. Il est temps d’aller te faire voir ailleurs.

L’ère locale, et le futur décentralisé :

Je ne sais plus combien de fois j’ai vanté l’échelle locale comme celle de la résolution de nos problèmes de sociétés et d’espèces. Je continue de le faire, ça et là sur internet, et ici sur ce blog, et ce n’est pas près de s’arrêter. Rien n’arrive à me faire chanceler dans cette analyse et dans cette perspective. Tout m’indique que l’inverse est chaotique, et que sans se remettre en local, nous allons bien sentir ce mur dans lequel nous allons déjà à vitesse grand V.

Je ne suis pas très alarmiste cela dit. Loin de moi l’idée de vouloir convaincre par le choc. je ne sais même pas si j’essaie vraiment de convaincre, si tel est mon but. L’échelle locale n’a pas besoin d’être un produit à vendre. Elle a besoin d’action, de mise en pratique, de preuve par 3. Elle a besoin de gens qui s’impliquent et qui produisent des résultats. Il y en a plein dans les tiers-lieux (les seuls vrais espaces d’innovation, qui feraient oublier la start up à quiconque de bonne foi), plein les quartiers ou les villages où des associations / groupes humains participent à la vie en y mettant du leur, quelque soit leur compétence individuelle.

Avec un regard de géographe, en pointant ces endroits, ces sources d’activités sur une carte, on obtient un grand réseau fourmillant. Il ne reste qu’encourager ces gens à devenir des sources pour les autres. par des outils très simples, de documentation ouverte et libre, de leurs actions, de leurs résultats. Du micro-blogging avec Mastodon, en passant par des outils de coordination comme Riot ou Keybase.io, des blogs, des vlogs, peu importe. Ce réseau n’a pas de centre, il est globalement actif et inter-communiquant. Il n’est mû par aucun besoin inhérent à sa structure globale, mais par l’ensemble des idées locales. C’est un comme-avant de demain, avec la force de la connexion.

Mastodon, innovation à résolution positive des erreurs système.

En écrivant tout en réfléchissant, des questions ramènent leur fraise lorsqu’il s’agit de concevoir l’échelle locale comme un réseau dynamique fédéré et interagissant :
– quid de la gouvernance ?
– quid de la modération des outils ?
– quid des frictions inter-locales ?

Un exemple récent me vient en tête pour illustrer les effets positifs de la décentralisation sur l’ensemble. il y a quelques semaines, Twitter a modifié une partie importante de ses règles de fonctionnement, provoquant le courroux de nombreux de ses utilisateurs, et leur migration par vagues rapprochées sur Mastodon. Or, la population existante de Mastodon n’avait pas tout à fait le même profil que celle arrivant. On a vécu une sorte de petit choc de civilisations. Littéralement. D’un coté des hacker-euse-s / codeur-euse-s / sysadmin libristes sur Mastodon pour la tranquilité, amalgamé-e-s à des communautés LGBT+ en quête de paix et de protection, sur diverses instances aux règles variant en fonction des communautés inscrites et des administrateurs… De l’autre, un florilège de langage sms cru et troll, incapable de la moindre bienséance, en quête d’un endroit où cotinuer de se troller les uns les autres.

Le choc s’est transformé en un grand récital de blocage et de signalement pour insultes, etc etc. Un scenario sans gagnant sur n’importe quelle autre plateforme centralisée (FB, TW, IG…), dans lequel la liberté d’expression trouvait des limites ubuesque…

Mais ce choc s’est résolu incroyablement bien, par l’innovation technologique qu’est Mastodon. Puisqu’il s’agit d’un logiciel installable par n’importe qui, et qui fédère l’instance créée aux autres (volontaires), la deuxième communauté a pu se créé un lieu où s’exprimer librement, sans que les autres ne soit gênés. Les instances désireuses de n’avoir aucun contact avec celle ci n’ont qu’à la bloquer. Les utilisateurs en individuels peuvent eux aussi bloquer ou réduire au silence celles et ceux qui passeraient encore entre les gouttes de la non-fédération.

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Collapse / Effondrement / Déclin (CED) : l’anthropocène de demain

En bref, les solutions existent, elles continuent de naitre et de se développer à mesure qu’on les utilise. A mesure, même, que la plus grande diversité de communautés et d’individus les utilise. Et c’est ici que se joue, à mon sens, le futur positif de l’anthropocène. Devant le CED que nous affrontons, il y a une capacité existante de sorti non seulement grandis mais victorieux.

Cela ne requiert qu’une chose simple : l’abandon de toute structure et habitude obsolète. Et j’en propose une liste sans ordre spécifique, et sans doute non-exhaustive, ici :
– organisation politique verticale
– électoralisme
– centralisation
– brevetage des innovations
– globalisation
– monnaie privée
– refus de considération de l’instruction, de la culture, de la santé et du patrimoine écologique comme des communs sans valeur financière / pécuniaire

A l’instar des spécialistes du cynisme, je suis aujourd’hui plus que jamais très impatient et très déterminé à voir tout cela changer dans le bon sens. Il y a en réalité des TAS et des TAS de projets et de groupes humains qui travaillent en ce sens, partout sur la planète. Si vous en menez un, n’importe où, faites le savoir, partout, tout le temps.

Documentons nos actions, nos pensées, nos avancées, nos solutions. Elles peuvent servir ailleurs, à d’autres. Faisons le avec des outils accessibles à toutes et tous, partout. De préférence libre et open-source. Faisons le, en attendant de nous référencer, de nous cartographier, et de nous connecter d’avantage.

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